L’arbre des privilèges

(et comment scier les branches sur lesquelles ils sont assis)

C’est un mini Zine recto/verso plié pour prendre conscience de ses privilèges. Partagez, diffusez, faites des ateliers, traduisez, augmentez et critiquez-le très très volontiers ! Ecrivez-moi pour me raconter 🙂

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PRIVILEGE – Nous sommes né.e.s avec des privilèges que nous avons appris à utiliser à notre profit. Ils nous donnent accès à plus de ressources, reconnaissance, de capacité d’agir, et d’autonomie, souvent aux dépends des autres. En y recourant, nous perpétuons – même sans en avoir conscience – l’oppression de celleux qui n’en bénéficient pas.

PRENDRE CONSCIENCE de nos privilèges personnels, de leurs conséquences sur nos vies personnelles, de leur omniprésence dans les interactions au quotidien, est une condition primordiale pour mener nos luttes pour la justice sociale, contre les inégalités et les discriminations.

Le tronc de l’arbre représente les principaux privilèges et les branches les situations privilégiées qui les renforcent. Les différences de genre, race, classe, validité, âge structurent depuis des siècles les rapports de domination dans notre société. Le plus de privilèges nous disposons, le plus grandes sont notre capacité d’agir et notre autonomie, plus stable est notre position dominante et il devient plus probable que nous ayons des comportements oppressifs.

Nous n’écoutons pas les non-privilégiés, nous ne leur garantissons pas les mêmes droits ni la même autonomie, nous les discriminons, nous limitons leurs possibilités d’action et nous les empêchons de se déterminer eux-mêmes ; grâce aux exclusions que nous avons ancrées dans nos systèmes légaux, institutionnels, techniques et économiques.

Pour enrayer efficacement ces oppressions systémiques, il nous faut instaurer un système politique et social qui permette l’autonomie et l’autodétermination inconditionnelle de chacun.

Cela implique :

  • Des formes d’organisation collective, d’auto-gestion, de représentation directe des principaux intéressé.e.s ;
  • Une vigilance collective permanente pour assurer l’égalité réelle des droits ;
  • Un salaire universel garanti et inconditionnel.

Posséder un ou de multiples privilèges ne signifie pas automatiquement que l’on « réussit » dans la vie, que l’on ne souffre de rien ou que l’on ne rencontre aucun problème. Cela signifie seulement que l’on ne rencontre pas les mêmes embûches que celleux qui n’ont pas ce privilège.

Nous ne pouvons pas « refuser » nos privilèges : le monde qui nous entoure contribue à nous en faire bénéficier, sans nous demander notre avis.

Posséder un privilège nous conduit à parler, à décider et à agir à la place de celleux qui en sont dépourvus. Notre confort et notre reconnaissance sont basés sur l’invisibilisation d’autres.

Nous tendons à les réduire au silence, à les étiqueter, à naturaliser (et inférioriser) leurs différences, à leur empêcher l’accès à, à les considérer comme irresponsable… et en exploitant leur travail.

Nous avons tendance à être plus solidaires de celleux qui bénéficient des mêmes privilèges, au dépend de la solidarité d’avec celleux qui en subissent l’oppression.

Pour lutter contre nos privilèges personnels au quotidien, nous pouvons très facilement faire attention à ne pas reproduire de comportement oppressifs à l’égard des non-privilégiés :

  • leur faire de la place en notre sein
  • leur écoute inconditionnelle
  • leur acceptation inconditionnelle
  • ne pas parler à leur place
  • ne pas lutter à leur place

Une réflexion sur « L’arbre des privilèges »

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